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Vincent Gérard, de l’ombre à la lumière

Jusqu’ici gardien numéro 2 dans la hiérarchie en Équipe de France, Vincent Gérard a su s’imposer durant les Championnats du Monde. Élu meilleur gardien de la compétition et auteur d’une grande finale, il a poussé la légende Omeyer sur le banc. Il nous a livré, à travers cette interview, son ressenti sur sa carrière, son championnat du monde en France et son opinion sur le championnat hexagonal.

Enzo Guerini : Tous les ans, souvent au mois de Janvier, on remarque qu’un énorme engouement se crée autour de l’Équipe de France de hand. Contrairement au football, on a l’impression que c’est assez hypocrite et injuste. Le reste de l’année, seulement une petite partie de ce public vous suit en club. Trouvez-vous ça normal ?

Vincent Gérard : C’est sûr que c’est toujours un peu frustrant. Après, on joue quand même dans des salles pleines, le championnat est en train de se développer. On aimerait que ça soit plus rapide, plus fort. Si on peut contribuer à ce développement avec nos performances en Équipe de France, c’est tant mieux. On sent quand même que cet engouement s’accélère.

Beaucoup de gens ont dit, en parlant de l’Euro 2016 de football, que si l’Équipe de France avait joué la finale au Vélodrome, elle aurait battu le Portugal. Version handball, pensez-vous que la France sort la Suède en quarts de finale si vous jouez à Bercy plutôt qu’à Pierre Mauroy ?

C’est difficile à dire. Je pense que partout où on est allé, le public a été extraordinaire. À Lille, il y avait 28000 personnes. C’est vrai que c’était impressionnant. À Bercy, il y avait 16000 personnes et le public était extraordinaire aussi. Je pense qu’on les aurait aussi battu à Paris.

Début Janvier, avant que les Championnats du Monde débutent, pensez-vous un seul instant devenir le meilleur gardien de l’Euro et sortir une grande finale comme vous l’avez fait ?

Forcément qu’avant la compétition, je n’y aurais pas cru. J’étais prêt à jouer, je connaissais mon rôle en tant que numéro deux. Les concours de circonstance ont fait que j’ai pu jouer et ça s’est très bien passé. Comme dans un rêve, c’est clair.

Peut-on encore avoir des rêves après avoir gagné un titre de champion du monde dans son pays ?

Évidemment. Si on parle des Jeux Olympiques, on a obtenu la médaille d’argent à la dernière compétition. Je ne suis pas champion olympique. On peut également penser au club, à la Ligue des Champions, au championnat avec Montpellier. On a l’habitude de se remettre sans arrêt en question. On est champion du monde à un instant donné, dans deux ans le titre sera remis en jeu et j’espère qu’on pourra le conserver.

Beaucoup de sportifs français ont sacrifié beaucoup pour devenir professionnel, pensez-vous, de votre côté, que ça valait le coup ou regrettez-vous certaines choses ?

Aucuns regrets. Je n’ai pas eu la jeunesse d’une personne qui ne voulait pas devenir professionnel. Après, de notre côté, on fait un sport collectif. C’est beaucoup moins dur que pour un nageur qui passe ses heures dans un bassin. Mais non je regrette rien, même avant ce titre. J’ai fait beaucoup de rencontres, j’ai beaucoup voyagé. Je fais un métier passionnant. Vraiment, aucuns regrets. 

Qui sont les leaders dans le vestiaire français, ceux qui prennent la parole dans les moments importants ?

Niko (Karabatic) est un des leaders. Globalement, il y a six cadres dans cette équipe : Guigou, Karabatic, Sorhaindo, Abalo, Narcisse et Thierry Omeyer. Ce sont eux les tôliers.

On imagine qu’il y a une concurrence très saine avec Thierry Omeyer, légende du handball français ?

Il n’y a évidemment aucun problème là dessus. La volonté c’est de gagner les matchs. Thierry était très content pour moi, il m’a beaucoup aidé. On a beaucoup travaillé avant et après les matchs. Aucun problème à ce niveau là, bien au contraire.

Qui voyez-vous reprendre le flambeau après la fin du règne des Experts ?

Des joueurs comme Valentin Porte, Luka (Karabatic) reprendront en main cette équipe. On peut aussi penser à Ludovic Fabregas, qui est encore très jeune mais qui est appelé à devenir un cadre de cette équipe plus tard.

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Pour en revenir au championnat français, pensez-vous que le PSG devient trop fort?

Au foot, je crois qu’ils n’ont pas gagné la première année. En hand, le PSG n’a pas gagné la deuxième année. Ils ne gagnent pas à chaque fois les coupes nationales. Cette année, ils ont un point d’avance sur Nantes. Ils sont très forts, plus forts c’est évident. Mais ça reste du sport. L’année dernière, c’était plus facile pour eux en championnat mais ils n’ont pas gagné les deux coupes nationales. Trop forts, non. Personne n’est trop fort. Ils sont appelés à dominer sur le long terme grâce à leurs moyens mais chaque année ils devront se battre pour gagner.

 

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