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Massimiliano Allegri : Un entraîneur à réévaluer

  Aussi étrange que cela puisse paraître, on peut avoir rendu son prestige à un club mythique et pourtant ne toujours pas être prophète en son pays. C’est le cas de Massimiliano Allegri. Attention, entendons-nous bien, personne n’a dit que Allegri était un mauvais entraîneur (encore que…). Moins charismatique que Conte, il a pourtant de quoi rivaliser. Bilan (non-exhaustif) de ce qu’il a apporté à la Juventus.

Une première saison sur les chapeaux de roux

L’aspect qui ressort le plus quand il s’agit de juger un entraîneur (qui plus est italien) est la tactique. Beaucoup lui reprochent d’avoir tout repris de Conte mais c’est aberrant. Certes, quand il est arrivé, il n’a pas tout bousculé, mais dans un club où l’on attend toujours des résultats, il aurait été suicidaire de le faire.

Lorsqu’il arrive à la Juve en 2014, l’équipe est très friande de système mobile entre la phase défensive et celle offensive. Sa première grande retouche (et coup de génie) fut le re-positionnement d’Arturo Vidal. Placé en trequartista, une sorte de meneur de jeu-électron libre, dans un 4-3-1-2 typique d’Allegri, il étale son talent au grand jour. Que ce soit techniquement ou dès la perte de balle, il était le premier au pressing avant d’aller se repositionner au milieu d’un 4-4-2 où il jouait le rôle de garde du corps d’Andrea Pirlo. Le génie italien vieillissant, Allegri a confié à Vidal tout le sale boulot, permettant ainsi d’exploiter au maximum le joueur, bien plus que sous Conte. Il atteint la finale de la Champions League en une saison et réussit à donner à la Vieille Dame une crédibilité européenne là où Conte avait échoué avec la même équipe.

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Des mercatos mouvementés et une équipe bâtie

Malgré cela, la deuxième saison débute mal. Auteur pourtant d’un mercato ambitieux (Khedira, Mandzukic, et Dybala…), l’échec du dossier Draxler lors de la dernière journée du mercato et les départs de Pirlo, Tevez et Vidal laissent présager une saison de transition. Evidemment, la presse fustige Allegri. Elle lui reproche d’être incapable d’obtenir des résultats sans la colonne vertébrale laissée par Conte… C’est alors que Allegri entre en scène. Son équipe a besoin de certitudes, et surtout de solidité défensive. Il décide donc de retourner au 3-5-2. Il confie les clés du système à Marchisio et Bonucci. Les deux sont chargés de gérer la phase défensive en jouant respectivement libéro du milieu et de la défense. C’est d’ailleurs grâce à cette nouvelle tactique que Bonucci montre ses qualités de relance, la tâche ayant été attribuée à Pirlo auparavant. Enfin, bien évidemment, il décide que Dybala est prêt offrant avec Pogba un duo dont les étincelles permettaient à la Juve d’emporter son 5ème Scudetto d’affilé. Les dirigeants Turinois se rendent compte qu’ils ont un coup à jouer, et décident d’offrir à Allegri un mercato d’ogre.

  Pjanic, Dani Alves, et bien sûr Gonzalo Higuain débarquent à Turin avec un objectif : gagner la Ligue des Champions. Cependant, tout ne se passe pas comme prévu. Même si les résultats sont là, l’équipe joue mal. Après la défaite 3-0 face au Genoa, Allegri est face à plusieurs problèmes. Où placer Pjanic ? Comment faire coexister Dybala, Mandzukic et Higuain sur le terrain ? Cependant, Allegri refuse de jouer en 4-3-3, non pas parce que Mandzukic est trop lent (comme pourrait le penser n’importe quel joueur de FIFA) mais parce qu’il trouve que c’est du gâchis de perdre Dybala sur un côté. Il a alors un nouveau coup de génie : intégrer Cuadrado au 11 de départ. Désormais, la Juve joue avec Mandzukic, Dybala et Cuadrado en soutien de Higuaín. Dybala, repositionné plus loin du but, se charge de toute la manœuvre offensive. Le résultat est une équipe solidaire et compacte en phase défensive, et une présence offensive monstrueuse (pour être provocateur, on pourrait même parler de 2-1-7 en phase offensive, et pour témoin la passe décisive de Alex Sandro pour Dani Alves face à Porto.)

Un autre aspect incroyable de l’homme : sa gestion d’effectif. À force de faire des mercatos gargantuesques, la Juve s’est retrouvée avec un effectif énorme. Allegri a installé à la Juve une concurrence saine, qui permet à ses joueurs de s’exprimer au sommet de leur art. Lichtsteiner, présent durant les cinq scudettos, a laissé sa place sans broncher à Dani Alves mais répond toujours présent quand on l’appelle. Allegri est un coach qui fait progresser ses joueurs en les faisant jouer à leur maximum. On a parlé du duo Vidal-Pirlo plus tôt, mais on peut aussi évoquer Cuadrado, à qui il a permis de développer un goût de l’effort et des aptitudes défensives que Kurzawa pourrait lui envier. Avec les progressions de Coman, Pogba, Morata ou maintenant Dybala, il est évident qu’Allegri a une gestion des jeunes exceptionnelle. Au lieu de les brûler, il les fait grandir en prenant son temps et les fait exploser au moment où c’est essentiel, comme Morata qui a marqué lors des 2 demies et de la finale de la Ligue des Champions, ou Dybala hier soir.

Allegri est un maître tacticien et un meneur d’hommes. Jusqu’à présent, avec la Juve, il a tenu son rang contre tous les grands entraîneurs qu’il a affrontés. Allegri mériterait de faire partie de cette poignée d’entraîneur qui tourne entre les grands clubs. Son match d’hier soir contre le Barça en est le meilleur exemple. Quand on se dit qu’il y a 10 ans, la Vieille Dame essayait de remonter en Serie A… Les voilà peut-être enfin sur le toit de l’Europe.

Mattia Tison

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