Football

Marcelo Gallardo, entre loyauté et ambition

Pour Marcelo Gallardo, une défaite désolante en demi-finale de Copa Libertadores contre Lanús suivie d'un superclásico perdu contre Boca Juniors ne sont pas assez démoralisants pour céder aux sirènes de l'Europe. Mieux que cela, l'entraîneur devenu figure emblématique de River Plate a exprimé clairement sa volonté de poursuivre sa carrière sur le banc du Monumental et vient de qualifier son équipe pour une septième finale en trois ans et demi. Retour sur trois années de passion qui ont façonné un homme incontestablement destiné à revenir sur le Vieux Continent.

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Après de nombreuses saisons à fournir des prestations pleines à River Plate, Monaco, Paris ou encore aux États-Unis (l’ayant conduit à revêtir plus de quarante fois le maillot de l’Albiceleste et à participer aux Coupes du Monde 1998 et 2002),  Marcelo Gallardo raccroche en 2011 après une ultime aventure en Uruguay, au Nacional Montevideo. Sa carrière de joueur achevée sur un titre de champion d’Uruguay, il ne peut se résoudre à quitter les terrains professionnels et prend alors la tête de sa dernière équipe qu’il mène à un deuxième titre consécutif de champion d’Uruguay. Dans un championnat à l’adversité limitée, celui que l’on surnomme « el Muñeco » (la poupée) parvient tout de même à distancer le rival Peñarol. S’il existe des débuts plus difficiles pour un entraîneur fraîchement nommé et débutant le métier, Gallardo décide tout de même de marquer une première et à ce jour unique pause dans son parcours d’entraîneur. En juin 2014, River Plate est confronté au départ de l’illustre Ramón Díaz (qui se laisse tenter par l’aventure paraguayenne) et le remplace par Marcelo Gallardo. Les aficionados se réjouissent de l’énième rapatriement de leur poupée mais des inconnues subsistent : aura-t-il la qualité, après n’avoir entraîné qu’une seule saison, pour faire briller River ?

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Nous voici en 2017 et River Plate est l’équipe la plus fringante d’Argentine, titillant les Boca Juniors, San Lorenzo, Lanús et autres clubs phares de Primera Division. Elle a retrouvé sa splendeur grâce aux résultats et au jeu proposé par son entraîneur, elle a formé ou fait progresser de nombreux joueurs et a envoyé en Europe des Matías Kranevitter (Atlético, Séville, Zénith), Éder Balanta (Bâle), Emanuel Mammana (Lyon, Zénith) ou plus récemment encore son duo étincelant Lucas Alario (Leverkusen) / Sebastián Driussi (Zénith). La réussite de l’ère Gallardo a même amené certains cadres à tenter le pari européen, comme Gabriel Mercado parti pour Séville en 2016. Ces transferts s’expliquent par la grande exposition dont jouissent les joueurs du Muñeco acquise avec les magnifiques prestations de River en compétitions continentales. La première année, le River Plate de Gallardo remporte la Sudamericana et la seconde – seulement la seconde – il enchaîne avec une victoire en Libertadores. « Gallardo, le nouveau Guardiola ? », c’est alors ce qu’on peut lire dans les différentes presses du monde qui s’intéressent au sujet. Élogieuse, la comparaison n’est pas stupide : des résultats et des victoires instantanées, une volonté à jouer proprement ainsi que l’intégration des jeunes en équipe première caractérisent la philosophie de Gallardo. Si celui-ci a manqué une occasion formidable de gagner une nouvelle Libertadores avec River Plate – après avoir pourtant proposé un match aussi historique que dantesque contre Jorge Wilstermann ; défaits 3-0 à l’aller, River l’a emporté 8-0 dans un Monumental en feu – le club a l’occasion de rectifier le tir et de remporter un nouveau titre en Coupe d’Argentine contre l’Atletico Tucumán. Tous ces éléments ont permis de faire de River Plate une équipe surprenante et intrigante, redoutée en Amérique du Sud. Les récentes conquêtes ont fait de Gallardo le « Napoleon » de River, nouveau surnom du Muñeco. Après l’élimination au goût d’injustice (arbitrage déplorable) en Libertadores, le Monumental craignait de perdre son idole. Il oubliait qu’elle était maintenant leur chef de guerre.

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River Plate et Marcelo Gallardo vont donc continuer à progresser ensemble. Mais le jour où le Napoleon voudra étendre son influence jusque sur le Vieux Continent arrivera. Où s’exilera-t-il ? Une possibilité revient souvent dans les médias français : celle de le voir atterrir à l’Olympique Lyonnais. Balayée par certains observateurs, appuyée par d’autres, cette idée est pourtant crédible lorsqu’on considère les projets lyonnais et le profil de Gallardo. Effectivement, ce dernier n’hésite jamais à multiplier les possibilités dans ses compositions d’équipe en laissant jouer tout son effectif, si bien qu’il est parfois difficile de discerner une équipe-type au sein du groupe. Il aime lancer des jeunes en équipe première, le dernier exemple datant d’octobre dernier où le Muñeco a donné ses premières minutes à Nahuel Gallardo qui n’est autre que… son fils. La multitude de départs est également gérée à la perfection en insistant sur l’importance du groupe, afin d’unir les joueurs autour de l’institution et de les motiver à gagner leur place le moment venu. Par exemple, Ignacio « Nacho » Scocco (passé par Sunderland en 2014) remplace à la perfection le duo Alario / Driussi dont les départs ont créé déception, doute et inquiétude chez les aficionados.

Monaco est une équipe s’appuyant aussi sur ses jeunes, de quoi espérer un retour à Louis-II de l’ex-monégasque ? Ses liens avec River lui ont permis de réussir au poste d’entraîneur, ses liens avec l’AS Monaco lui permettraient-ils de s’adapter à l’Europe ? Le travail de Leonardo Jardim est évidemment considérable, mais peut-être le Portugais voudra-t-il bientôt quitter le Rocher pour un club d’un standing encore meilleur que celui de Monaco ? Et peut-être que cette volonté concordera avec celle de Gallardo de rejoindre l’Europe, de quoi atténuer la déception d’un départ de Leo Jardim chez les supporters…

Avec un début de carrière aussi flamboyant, il est indéniable que les offres ne manqueront pas. Que ce soit en France, en Espagne ou ailleurs, Marcelo Gallardo saura trouver une terre accueillante dans nos contrées.

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D’une loyauté de joueur avec plus de 300 matchs à son compteur à une loyauté d’entraîneur avec une des trois Libertadores du palmarès de River Plate remportée, Marcelo Gallardo vit un rêve éveillé et d’amour dans son Argentine natale. Si l’histoire avec River n’est pas encore finie, sa qualité et son expertise suscitent déjà les réflexions des observateurs et des clubs européens. Où et quand atterrira Marcelo Gallardo après son départ d’Argentine.

 

un commentaire

  1. Article sympa , par contre grosse faute de trad sur son surnom le premier donné est Muneco  »le poupon » le second Muneca  »la poupée » lui fut donné du fait qu’il est griffé un joueur lors d’une bagarre dans un match .

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