Football

Sánchez Pizjuán, remontada et Wissam Ben Yedder

Avec un début de saison enflammé, Jürgen Klopp était pourtant prévenu : il faut toujours garder un œil sur Wissam Ben Yedder. A la mi-temps du match entre Séville et Liverpool, l’affichage du Sánchez Pizjuán indique 3-0, les Anglais s’envolent vers leur qualification et la première place du groupe E, distançant de 4 points leur adversaire du soir. Les espoirs sévillans semblent nuls au retour des vestiaires. C’était sans compter sur la fantaisie, la démence et l’ardeur du vertigineux stade Sánchez Pizjuán.

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Les hommes de Jürgen Klopp débutent brillamment la partie en prenant l’ascendant sur leurs opposants dès la deuxième minute de jeu, par l’intermédiaire de Firmino. Au terme d’une première mi-temps aboutie, Firmino a déjà inscrit un doublé, Sadio Mané a offert à Liverpool le deuxième de ses trois buts et Nolito a gâché une opportunité offerte par Ben Yedder de relancer son équipe. Même les supporters andalous devenus discrets s’adonnent à des sifflets à l’encontre de leurs joueurs. Séville a beau se procurer des occasions : celles-ci ne vont pas au bout et Liverpool, sans convaincre dans le jeu, parvient à se défaire de son concurrent à la première place du groupe E.

Si beaucoup se seraient alors résignés, les quelques maladresses anglaises suffisent à ne pas rompre la confiance des Sévillans. Au contraire, c’est peut-être dans ces situations-là que la combattivité si propre au FC Séville s’exprime le mieux. On se souvient évidemment de l’égalisation de Kevin Gameiro lors de la finale de l’Europa League 2016, opposant déjà Séville et Liverpool. Déjà, un Français sauvait Séville et comment ne pas faire le parallèle quand, du haut de son mètre soixante-dix, Wissam Ben Yedder vient couper un centre au premier poteau afin d’asséner une tête malicieuse dans les cages de Loris Karius : 1-3. Par la suite, le natif de Sarcelles et ex-buteur phare du TFC, fait perdurer l’espérance des siens en convertissant son penalty – ou plutôt ses deux penaltys, car le premier qu’il a inscrit a été jugé comme étant à retirer par l’arbitre du match. Deux buts à l’image de leur buteur : ruse, sérieux et légèreté : 2-3.

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Effectivement, celui qui a débuté sa carrière en futsal et qui est devenu hier le meilleur marqueur de l’histoire du FC Séville en Champion’s League, a ses qualités qui nous fascinent depuis de nombreuses années. D’abord, grâce à ses gammes techniques, il a su étonner la Ligue 1 par des déplacements intelligents, des prises de balle rythmées et des buts importants. Il a stabilisé son compteur de buts à la quinzaine par saison, atteignant parfois la vingtaine et ce dans un club jouant la relégation (les plus élogieux oseraient-ils une évocation à Pauleta ?) et a participé au projet « maintien » de Pascal Dupraz à la fin de la saison 2015/2016 en contribuant grandement à sa réussite. Cette performance a délivré son billet de départ pour l’Espagne à Ben Yedder. Son président ayant bloqué son transfert plusieurs saisons de suite pour des simples raisons financières, le buteur est toutefois resté concentré sur le maintien du TFC en Ligue 1, synonyme de sa patience, de son sérieux et de sa loyauté (allant de pair avec sa reconnaissance) pour Toulouse. Depuis, Wissam Ben Yedder s’est aguerri en Liga, il a satisfait ses coachs Sampaoli et Berizzo et a concurrencé avec brio des joueurs tels que Luciano Vietto, Stefan Jovetic ou encore Nolito. Mais le chemin est encore long pour lui, qui a renouvelé tout récemment son rêve de porter un jour le maillot de l’Equipe de France. Kevin Gameiro avait dû quitter Séville et le bilan de son pari Atletico Madrid est mitigé, quelle sera la trajectoire que choisira Wissam Ben Yedder ? Pour l’heure, le numéro 9 du FC Séville savoure : nous voilà dans les arrêts de jeu et Guido Pizarro vient de propulser le ballon de façon peu académique au fond des filets de Liverpool, mais qu’importe : 3-3. Séville l’a fait, Sánchez Pizjuán jubile, Wissam Ben Yedder les a guidés. Un beau cadeau pour Eduardo Berizzo, le coach sévillan qui souffre d’un cancer à la prostate.

 

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