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La culture de la défaite : un mal français

Samedi 23h à la U Arena, la France concède un match nul contre le Japon, dernier opus d’une tournée d’automne sans victoire. L’équipe est sonnée, les commentateurs aussi, tandis que les joueurs n’ont pas les mots pour expliquer l’inexplicable, pourquoi les bleus n’arrivent plus à gagner. Nous avons assisté à un match sans saveur, au cours duquel les français ont regardé leurs adversaires jouer, sans convaincre, en retombant dans leurs travers qu’on pensait pourtant loin derrière eux.

Dans un stade flambant neuf à moitié rempli, les bleus ont fait tomber trop de ballons, commis trop de fautes bêtes et surtout manqué cruellement d’engagement pour être au rendez-vous. En face, nous n’avons rien à reprocher à une très belle équipe japonaise qui n’avait rien à perdre et qui a convaincu. Tant par leur créativité dans le jeu que par leur vitesse les japonais nous ont clairement dominé. Le nul paraissait donc inespéré au vu de la physionomie du match.

On en vient à se demander comment le rugby français a pu a ce point perdre de sa superbe. Nous le french flair, nous le beau jeu, nous les valeurs et le plaisir dans l’ovalie. Où sont-ils partis ?

Notre équipe n’a rien a envié à une autre sur le papier, avec des joueurs de grande qualité qui brillent dans leurs clubs respectifs. Mais c’est ce manque de motivation en sélection nationale qui est nettement plus problématique. Rien à reprocher non plus au staff, qui possède un palmarès conséquent et qui n’a plus à prouver son attachement pour le ballon oval. La fédé ? Le Top 14 ? Les centres de formations ? Où se trouve la solution ? Tous semblent démunis, au fond du trou, « dans le dur » pour reprendre les mots du capitaine Guilhem Guirado à la fin du match.

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À 5 ans et quelques d’une coupe du monde fièrement organisée à Paris en 2023, le temps est plus que jamais à la réaction ! Un mal structurel !

Les 74 joueurs utilisés par Guy Novès au cours de ses deux années en tant que sélectionneurs ne sont pas étrangers à ce mal français et traduisent d’un problème plus profond. Comment trouver des automatismes, des repères, des fondations, tout ce qui donne les bases d’une équipe, quand aucun joueur ne parvient à s’installer durablement. Parce que la France perd, tout est remis en question, les titulaires indiscutables qui forceraient l’admiration et imposeraient un consensus ne se révèlent pas, ou du moins péniblement.

Peu importe le poste, qui peut aujourd’hui affirmer qu’il est installé en équipe de France ? Même les cadres comme Picamoles, Bastareaud ou Guirado ne parviennent plus à remettre l’équipe dans l’avancée. Au delà du jeu pur, ils ne guident plus mentalement les bleus vers un espoir de victoire.

Car c’est là que le bât blesse. En voyant nos bleus réaliser des performances comme celle d’hier on croit disparue l’envie de produire du beau jeu. Quand les japonais se réunissaient régulièrement sur les pénalités ou des faits de jeu importants, les français les regardaient, les mains sur les hanches, passifs et impuissants.

Voilà ce qui nous manque, une vraie cohésion, d’où découlerait un plaisir à jouer et un bonheur retrouvé pour les supporters. Pour cela nous avons besoin d’un groupe qui s’apprécie, en dehors et sur le terrain. Nous sommes une terre de rugby qui regorge de talents, toutes les cartes sont en notre possession pour redorer le blason d’une équipe de France trop longtemps habitué à la médiocrité. Espérons que d’ici 2023, nos imprécisions techniques et notre moral en berne ne seront qu’un mauvais souvenir.

Antoine Le Bris

 

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