Football

L’Espagne dans le bon wagon, les Bleus toujours à quai

L'Espagne et la France ont toutes deux remporté leur match amical hier. Les Bleus ont gagné contre la Russie grâce à un doublé de Mbappé et un but de Pogba, tandis que les Espagnols ont infligé facilement un 6-1 à l'Argentine. Si nos Français n'ont pas perdu cette fois, ils ont encore montré le visage d'une équipe en rodage. Les Espagnols ont donné eux l'impression de se connaître depuis toujours. Comparaison, à moins de trois mois de la Coupe du monde.

Tout commence bien au Stade de France, vendredi 23 mars dernier. La France mène rapidement 2-0 contre la Colombie de James Rodriguez et Radamel Falcao. Les Bleus affichent un niveau de jeu exemplaire. Entre jeu de position dynamique en attaque rapide, maîtrise technique et verticalité en attaque placée, couvertures intelligentes du duo Varane – Umtiti : rien ne semble pouvoir décontenancer une équipe qui – enfin – allie talent individuel et prestation collective. Luis Muriel, l’attaquant de Séville, parvient néanmoins à réduire le score après une confusion dans la surface française.

Au retour des vestiaires, les Bleus sont méconnaissables. A l’image d’un Sidibé qui devient nerveux alors qu’il a été plus qu’imposant en première période, les Bleus se perdent dans les erreurs techniques et la mésentente défensive. Umtiti ne couvre plus Varane lorsque ce dernier s’avance et inversement. D’abord, la Colombie recolle grâce à un duo bien connu des terrains hexagonaux : Rodriguez à la passe, El Tigre Falcao à la finition. Puis, elle mène carrément grâce à un penalty converti par Quintero. Le mental des Français a défailli, ceux-là sont vaincus à domicile.

Dans le même temps, l’Espagne fait jeu égal avec l’Allemagne. Score final : 1-1. Ce match a été le témoin d’un niveau de jeu sublime. Les gardiens ter Stegen et de Gea ont dû être parfaits pour ne pas encaisser davantage de buts. Le jeu de passe des Espagnols a été incisif. Particulièrement lorsqu’ils ont cherché la verticalité, en atteste leur but :

Plus facile lorsqu’on a Don Andrés, me direz-vous ?

Certes, l’Espagne concède ensuite l’égalisation sur une frappe sublime de Thomas Müller. Mais sa qualité de jeu est flamboyante de précision, resplendissante de cohérence et exquise de joie.

Hier soir, les deux équipes ont joué à nouveau. Un match contre le pays hôte de la prochaine Coupe du monde pour les hommes de Didier Deschamps, un match à domicile contre une Argentine orpheline de Messi pour les Espagnols. La France ne s’est pas présentée avec son équipe type, mais son match n’a pas été satisfaisant. Une nouvelle fois, Adrien Rabiot et Anthony Martial n’ont pas saisi leur chance. Le milieu n’a pas contrôlé son domaine durant la première mi-temps. L’attaque ne s’est pas assez entendue pour réellement inquiéter une équipe russe qui… a parfois dominé les Français. Quelques joueurs ont su gagner des points. Kanté, toujours lui, est auteur d’un match neutre mais sérieux. Mbappé a inscrit son premier doublé avec le maillot bleu, donnant le tempo dans une attaque qui n’a pas convaincu. Benjamin Pavard et Lucas Hernandez ont démontré de bonnes qualités sur leurs couloirs. Ousmane Dembélé a délivré une passe décisive adroite pour Mbappé. Enfin, Paul Pogba, en difficulté ces derniers temps, a prouvé ses qualités individuelles grâce à un but magnifique sur coup franc et une belle passe décisive sur le premier but de Mbappé.

Comme trop fréquemment avec l’Equipe de France, ce sont les individualités qui sauvent la face. Ce sont les individualités qui sont citées dans l’analyse. Ce sont les individualités qui permettent aux Bleus de rentrer avec la victoire. Ces derniers sauront-ils remporter une compétition aussi exigeante que la Coupe du monde en jouant de la sorte ?

Lorsque l’on voit le match des Espagnols contre les Argentins, il est évident que non. L’Argentine n’est pas dans sa meilleure forme, sa défense n’est pas à la hauteur de son statut et Lo Celso n’est malheureusement pas Messi. Sampaoli n’y a rien fait, cette Argentine est en bout de course. Oui, tout cela est vrai. Mais ne doit occulter en rien la prestation XXL des Espagnols. 6-1. Tout bonnement. Diego Costa, Iago Aspas, Thiago Alcantara buteurs, Isco triple buteur ! En démonstration, l’Espagne a notamment été magistrale entre la 65ème minute de jeu et la 75ème pour trois raisons. D’abord, elle a cherché à respecter son organisation durant le pressing. Sur une action où le ballon est à gauche de la surface de réparation argentine et que l’Albiceleste essaye de le ressortir, un attaquant espagnol placé trop bas fait un sprint d’une vingtaine de mètres afin de compléter le trio aligné par Lopetegui : l’Argentine est bloquée sur ce côté. Parallèlement, les deux autres attaquants se distancent pour mieux occuper l’espace sur leur ligne. Cette action est caractéristique du jeu de position espagnol : naturel, intelligent et efficace. Aussi, il y a le geste technique de Piqué. Pourtant défenseur, il s’est permis une feinte pour dribbler ses adversaires. Le Catalan, juste devant sa surface et sous pression, a joué de son corps pour éliminer un Argentin et réorienter le jeu vers une zone plus sécurisée (avant de se projeter pour laisser le temps à son bloc de se replacer en prime). Puis, il y a les deux derniers buts. Celui du 5-1 à la 73ème et celui du 6-1 à la… 74ème. Déjà vingt minutes plus tôt, les Espagnols ont mis deux buts coup sur coup, à la 52ème et à la 55ème. Cette capacité à enfoncer le clou, à faire mal à son adversaire et à profiter de sa déconcentration sont des qualités logiquement utiles en Coupe du monde. Chacun se souvient des Allemands inscrivant quatre buts en six minutes aux Brésiliens…

Par ailleurs, d’autres nations ont montré une solidité collective plus établie que celle des Français. Le Brésil a par exemple joué deux très bons matchs – parmi lesquels une belle victoire contre l’Allemagne hier – et le Pérou, adversaire des Bleus en phase de poule, s’est imposé brillamment contre une Croatie expérimentée. Au terme d’une trêve internationale passionnante, les Bleus n’ont pas l’équipe la plus façonnée. Ils vont donc devoir encore dresser le bilan de ce qui a fonctionné et de ce qui n’a pas fonctionné pour progresser. Inquiétant à si peu de temps du Mondial ? Disons qu’on a lu semblables constats avant (et même pendant) l’Euro mais que la France est tout de même parvenue à atteindre la finale !

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