Football

La VAR : la justice entretient l’injustice

Le Classique d'hier soir a relancé le débat sur l'arbitrage vidéo. Une faute inexistante de Strootman sur Marquinhos a annihilé une occasion de but pour l'OM. Nouvelle preuve que la VAR manque de clarté mais aussi et surtout de crédibilité. Un problème majeur pour cette nouvelle entité de la justice.

Soir de Classique à Marseille en ce 28 octobre 2018. 85ème minute, coup franc pour les Marseillais. Le PSG mène au score depuis vingt minutes et le but de Mbappé. Payet s’élance, Gustavo reprend, Areola repousse, Mitroglou marque. Entre temps, Monsieur Bastien, l’arbitre de la rencontre, a sifflé une faute de Strootman sur Marquinhos. Une faute inexistante.

Le recours à l’assistance vidéo devient impossible pour Monsieur Bastien, car il a signalé la présupposée faute de Strootman avant même le but de Mitroglou. Pourtant, en début de saison, certains ont expliqué que les arbitres laisseraient le jeu se jouer avant de revenir sur des potentielles fautes. Ça n’a pas été le cas ici. Monsieur Bastien a choisi de statuer autoritairement de l’issue de cette action. Et s’est trompé.

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La VAR représente une nouvelle entité dans la justice du terrain. Elle vient épauler les arbitres dans leur appréciation du jeu pour se référer au mieux aux règles. Si les règles du football représentent nos droits de citoyens, la VAR se place à l’instar des tribunaux comme une entité qui analysent les faits selon les écrits. Cependant et naturellement, on demande de la cohérence à quelconque entité qui se voit conférer de l’autorité. Sans cela, la crédibilité peine à s’installer. Avec la VAR, les règles changent à chaque match. Qui de l’arbitre ou des assistants décide ? Arrête-t-on le jeu ou le laisse-t-on se poursuivre ? Et s’il le poursuit, alors quand l’arrête-t-on ? Ce manque de clarté ne permet pas à la VAR d’être cohérente. Et donc crédible.

La Ligue a sa part de responsabilité. Un pauvre panneau d’avant-match affiché sur les écrans des stades. Dessus, les quatre situations pour lesquelles l’arbitre peut faire appel à la vidéo. Après un but marqué, sur une situation de penalty, pour un carton rouge direct ou pour valider l’identité d’un joueur sanctionné. Aucune autre pédagogie que celle-ci n’a été employée pour imposer la VAR. Est-ce suffisant aux yeux de la Ligue pour la rendre intelligible ? Ne pouvait-on pas imaginer une communication plus précise ?

Le football est un sport humain. Il y a des joueurs, des coachs, des arbitres et tous sont humains. L’erreur, le vice ou l’imprécision sont permis à tous. Face à eux avant la vidéo, la critique était virulente – voire disproportionnée – à l’égard du fautif. La VAR a donc été intronisée pour remédier à ces problèmes. C’était sa promesse. Il est donc logique que l’exigence de justice soit plus forte aujourd’hui face à l’erreur, le vice ou l’imprécision. Par conséquent, il est tout aussi logique que le sentiment d’injustice soit plus fort face à l’erreur, le vice ou l’imprécision lorsque la justice ne fait pas son travail.

Jusqu’à ce qu’elles se soient clarifiées, la VAR et son utilisation exalteront le sentiment d’injustice. Déjà coutumier des critiques contre l’arbitrage, Rudi Garcia va se régaler après le match d’hier. Bon nombre d’observateurs lui reprocheront, mais oublieront la cause de cette plainte : les promesses que ne sait tenir la VAR.

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