Football

Débat : les déclarations de Thierry Laurey et Gonçalves après PSG-Strasbourg sont-elles honteuses ?

La qualification du PSG pour les huitièmes de finale de la Coupe de France aurait pu passer inaperçue. Seulement, à vingt jours d’un déplacement capital à Old Trafford, les parisiens ont vu leur métronome Neymar sortir sur blessure. Les déclarations d’après-match de Thierry Laurey (ici) et Gonçalves (ici) sur ce fait de match ont agité la toile. Elles ont même crée des désaccords au sein de notre rédaction. Alors ces fameuses déclarations sont-elles honteuses ? Deux de nos rédacteurs ont décidé d’opposer leurs points de vue.

 

Oui, ces déclarations sont honteuses (Enzo Guerini) : 

 

Je trouve les propos de Thierry Laurey et de son joueur Gonçalves absolument lunaires. « Quand tu veux jouer comme ça, ne viens pas te plaindre quand tu prends des coups derrière » a d’abord déclaré le milieu du RCSA après le match.

Des coups, il en existe à chaque rencontre de chaque championnat. Et les joueurs les plus férus de dribbles s’exposent forcément à en recevoir plus que les autres. Seulement, il n’était pas question hier soir de « coups » ordinaires. Nous étions au-delà de l’intervention à retardement sur un dribble, ou de la petite semelle qui traîne. Les strasbourgeois étaient la pour faire mal. Sur l’action (ici) où Neymar se blesse, Moataz Zemzemi ne cherche même plus à jouer le ballon. Il se fait (encore) passer, et craque : le joueur tunisien assène, à trois reprises, des coups de pieds au niveau du tibia de la jambe gauche. L’un d’entre eux déséquilibre le joueur brésilien, qui se rattrape mal sur sa jambe droite et se (re)blesse au pied droit. Au passage, l’excellent Johan Hamel n’a même pas donné un jaune.

Un pétage de plomb, ça arrive. De nombreux cas ont prouvé que le trop plein d’émotions peut être dur à contenir sur un rectangle vert. Alors, une fois le plomb pété, il existe trois issues.

  • Vous admettez votre erreur et vous vous excusez.
  • Vous ne dîtes rien.
  • Vous vous appelez Thierry Laurey.

Si les deux premières issues relèvent de ce qu’il y a de plus courant dans le football moderne, la troisième a pris hier soir le chemin de l’irrationnel. TOP 3 de ses citations les plus tristes à lire :

1) « Jouez contre Neymar et vous verrez si vous l’arrêtez juste en le regardant dans les yeux. » Personne n’a dit le contraire. Il s’agirait juste de jouer au football et de défendre en essayant de mettre le pied sur le ballon, comme le font les joueurs normalement constitués. Alors oui, mettre une triple balayette laser au niveau du tibia arrête Neymar. Mais ce n’est pas du foot.

2) « Mais à un moment, quand tu dépasses un peu les bornes, il faut assumer. Et le fait d’assumer, ça veut dire se prendre quelques coups. » Mais oui ! Qu’on est bêtes ! Dans le football professionnel, mettre un sombrero à un joueur = se prendre une laser derrière, évidemment ! From « La Ligue des talents » to « La Ligue des bouchers » real quick. Qu’on ne s’étonne plus si la Ligue 1 se fait surnommer la « Farmer League » dans nos chers pays voisins.

3)  « Si Neymar fait ça contre Manchester, il va se faire soulever. » Alors non, Thierry, tous les joueurs ne réagissent pas comme les vôtres face à Neymar. Il suffit de demander aux amateurs de Pontivy. Et vu comme c’est parti, il risque de ne pas jouer contre Manchester. Au moins, il ne pourra pas provoquer…

 

Non, ces déclarations ne sont pas honteuses (Samuel Marro)

 

« C’est son style, mais ne viens pas te plaindre si tu te prends des coups derrière. C’est un grand joueur, je respecte le joueur qu’il est.” Ce sont les propos du joueur du RCSA, Anthony Goncalves, après la rencontre. C’est dans le respect du football et de ses règles que les Strasbourgeois ont essayé de vaincre le PSG hier : pas de coups bas, pas de tricheries, mais de l’agressivité, de l’envie, et parfois des excès d’engagement. Comme sur cette fameuse action, celle dans laquelle le Brésilien Neymar se blesse : “On est pas là pour qu’il s’amuse avec nous,” fustige Goncalves. Donc quand Neymar passe pour la première fois, Zemzemi met sa jambe, quitte à faire faute, pour l’empêcher de progresser. Sans coup de sifflet de l’arbitre, il continue d’essayer de lui prendre le ballon, il n’entend toujours rien et en continuant son effort il finit par lui enlever le ballon des pieds. Neymar s’agace ensuite contre le jeune tunisien, qui rappelle après le match : « J’étais agressif, je ne voulais pas le blesser”. Cette action symbolise donc parfaitement ce qu’exprime son coéquipier.

Neymar peut s’amuser, régaler le public de ses gestes, tenter d’humilier ses adversaires mais, dans ce cas, il n’a pas le droit de se plaindre de recevoir des coups. Tous les joueurs en reçoivent, lui est un dribbleur, il est plus dangereux pour les défenses adverses, il en reçoit donc plus. Et s’il veut se plaindre auprès de quelqu’un, c’est à l’arbitre qui n’a pas sifflé faute ou donner de cartons. Thierry Laurey a décidé de rejoindre son milieu de terrain dans l’idée du combat. Il a, certes, été dur avec le brésilien en disant qu’il dépassait les bornes et qu’il devait assumer mais si ses joueurs ne dépassent pas les limites dans le combat, alors Neymar a tout autant le droit de s’amuser et d’essayer d’humilier. Mais par son discours, l’entraîneur strasbourgeois a félicité ses joueurs dans la combativité et dans l’engagement. Ses déclarations ne sont pas honteuses, elles témoignent juste d’une impuissance des Strasbourgeois face à la qualité de jeu du PSG.

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