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Carte des derbys : Montpellier-Nîmes

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Distance : 57 kilomètres

Intensité de la rivalité* : ⭐⭐⭐⭐⭐

Dernière confrontation : Ligue 1. 3 février 2019.. Nîmes 1-1 Montpellier

Prochaine confrontation : Lors de la prochaine saison de Ligue 1.

 

Origine de la rivalité : Ils se détestent. Ces trois mots suffisent pour illustrer et définir la rivalité entre Nîmois et Montpelliérains. L’antagonisme est historique. Ancien grand club français dans les années 60, le Nîmes Olympique a vécu avec une forme de jalousie l’émergence du jeune voisin montpelliérain. Créé en 1974, le MHSC n’a cessé de croître alors que le NO déclinait. Capitale du Languedoc-Roussillon, Montpellier est la réelle ville attractive de la région et fait de l’ombre au voisin nîmois. Une haine viscérale s’est installée entre les supporters des deux clubs. De nombreux incidents ont notamment éclaté entre les membres de la Butte Paillade, groupe ultra montpelliérain et leurs homologues nîmois, les Gladiators.

Évènement marquant : En novembre 2008, Nîmes et Montpellier sont en Ligue 2. À quelques jours d’un derby, le Midi Libre dévoile un SMS assez explicite de la part de Laurent Nicollin, alors président délégué de Montpellier : “On va les en***er ces P* de Nîmois”. Selon la même source, ce message a été envoyé à un des leaders de la Butte Paillade, groupe ultra montpelliérain, qui doutait de la motivation des joueurs avant le derby. Nicollin s’est excusé quelques temps après sur le site du club, précisant que ce SMS avait été envoyé à titre privé et non en qualité de président délégué.

*⭐️ La rivalité est pauvre, voire inexistante.
⭐️⭐️ La rivalité est moyenne mais le match est attendu par les supporters et les joueurs.
⭐️⭐️⭐️ La rivalité est importante, le match est crucial dans la saison. Staff, joueurs et supporters le savent.
⭐️⭐️⭐️⭐️ La rivalité est très forte, les rencontres sont chaudes et l’atmosphère autour de ces matchs est tendue. On rentre dans le top 10 des derbys français.
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ La rivalité est exacerbée, elle est devenue sportivement primordiale pour les deux clubs. Elle l’est d’autant plus pour les supporters, ce qui donne souvent lieu à des affrontements.

Oeil pour oeil, bâche pour bâche

Tout a commencé le 28 novembre 2017. Nîmes, encore en Ligue 2, se déplace au stade du Moustoir, pour y affronter Lorient. Les plus fervents fans des Crocos, supporters du Nîmes Olympique, ayant fait le déplacement, prennent la route après la victoire de leur club en terre bretonne. Certains, appartenant au groupe ultra nîmois « Gladiators », transportent dans leur coffre leur bâche extérieure, déployée uniquement en déplacement. Sur le chemin du retour, la voiture est attaquée par des hommes armés sur une aire d’autoroute près de Vannes, et la bâche est subtilisée. Selon les informations du journal L’Equipe, l’assaut était mené par des membres de la Butte Paillade, principal groupe ultra montpelliérain. Ce vol de bâche, vu comme une humiliation suprême dans le monde du supportérisme, deviendra l’élément déclencheur d’incidents qui feront le tour de l’Hexagone.

La bâche est à un groupe ce qu’est un drapeau à un pays. Elle représente l’emblème, le symbole et l’authenticité de son groupe. Dans le milieu ultra, se faire dérober sa bâche est synonyme d’humiliation. Surtout quand le voleur n’est autre que votre pire ennemi… Les Nîmois, après l’attaque du 28 novembre 2017, étaient obligés de se venger. Par fierté, par orgueil. Et ils l’ont fait.

Un groupe ultra a deux bâches : une « domicile »; la plus importante, celle déployée dans le virage du stade du club que l’on supporte; et une « extérieure », déployée uniquement en parcage sur terrain adverse. C’est cette deuxième qui fut dérobée à Vannes par des membres de la Butte Paillade. Pour se venger, les Nîmois décidèrent de frapper un grand coup. Dans la nuit du 2 au 3 mai 2018, des membres du groupe Gladiators ont rejoint le local de la Butte Paillade, situé au stade de la Mosson. C’est là qu’est, notamment, stockée la bâche du groupe. À l’aide de disqueuses, les Nîmois s’introduisent dans le local, subtilisent la bâche avant de prendre la fuite. La vengeance est faite, la bâche domicile du plus grand rival a été volée. Mais les Gladiators ne s’arrêteront pas là.

Vingt-cinq ans après sa dernière saison dans l’élite, le Nîmes Olympique a retrouvé la Ligue 1, en août 2018. L’occasion pour les « Crocos » de renouer avec le haut niveau. L’occasion, surtout, de rejouer contre Montpellier. Les retrouvailles sont prévues pour le 30 septembre 2018, à la Mosson. Quatre jours auparavant, Nîmes recevait Guingamp, au stade des Costières. Une banderole « On a commencé le travail, dimanche finissez-les » apparaît dans le virage Nîmois. Le « travail » évoqué, c’est le vol de la bâche quelques mois auparavant. Le message est lancé, le derby languedocien s’annonce bouillantissime.

605 supporters Nîmois font le déplacement. Onze cars partent des Costières en direction de la Mosson, escortés par un dispositif policier impressionnant. Les 57 kilomètres sont parsemés de tags et messages d’insultes visant les supporteurs du club néo-promu. 17h00, le coup d’envoi est donné. Sur le terrain, Montpellier domine sans forcer et s’impose 3-0. Mais le vrai match a lieu en tribunes. 80ème minute, le score est déjà net et sans bavure. C’est à cette minute précise que certains ultras Nîmois assènent le coup de grâce à leurs homologues d’en face. Ils exhibent la tête du diable, symbole du groupe de la Butte Paillade, issue de la bâche volée dans ce même stade quelques mois plus tôt.

Pour les Montpelliérains, c’est la provocation de trop. Voir son pire ennemi afficher fièrement le symbole de la bâche qu’il t’a volée, à domicile; sous les yeux de tous les téléspectateurs du match, est une humiliation suprême. Pris de rage, certains membres de la Butte Paillade tentent d’envahir le terrain afin d’atteindre l’autre côté de la pelouse, du côté du parcage Nîmois. En vain. Après quelques affrontements avec les CRS au bord de la tribune, les ultras Montpelliérains regagnent leur tribune et le match se termine. Les images font le tour de l’hexagone en quelques heures. À tel point qu’aujourd’hui, cet épisode peut être considéré comme un événement majeur du mouvement ultra en France.

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