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Carte des derbys : Nice-Bastia

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Distance : 247 kilomètres

Intensité de la rivalité* : ⭐⭐⭐⭐⭐

Dernière confrontation : Ligue 1, 20 janvier 2017. Bastia 1-1 Nice.

Prochaine confrontation : Bastia évoluera la saison prochaine en National 2. Les deux clubs pourront éventuellement se rencontrer en Coupe de France la saison prochaine.

Origine de la rivalité : La rivalité se développe au sein des années 70. A l’époque, les étudiants corses doivent migrer vers la Côte d’Azur pour suivre un cursus universitaire. Plusieurs centaines Bastiais ont ainsi investi les facs Niçoises. Cette implantation permet aux Corses d’être nombreux au stade du Ray lors des premiers derbys de la Méditerranée. Déjà tendues sur le terrain, les rencontres entre l’OGC Nice et le SC Bastia prennent une autre dimension, et donnent lieu à de nombreux affrontements en tribune. Plusieurs d’entre eux sont développés ci-dessous.

Évènement marquant : Le 18 octobre 2014, le SC Bastia se déplace à Nice pour le compte de la 10e journée de Ligue 1. Au terme d’un match serré remporté par Bastia, Jean-Louis Leca, le deuxième gardien du club, entre sur la pelouse et brandit un drapeau corse vers le virage sud Niçois. Une provocation ultime qui pousse les supporters du Gym à envahir la pelouse. Alexy Bosetti, ancien ultra de la Brigade Sud Nice et à l’époque joueur de l’OGCN, s’en prend personnellement au gardien corse dans les couloirs du stade. La commission de discipline de la LFP inflige un match à huis clos avec sursis aux Aiglons, et deux matchs fermes de suspension pour Leca.

*⭐️ La rivalité est pauvre, voire inexistante.
⭐️⭐️ La rivalité est moyenne mais le match est attendu par les supporters et les joueurs.
⭐️⭐️⭐️ La rivalité est importante, le match est crucial dans la saison. Staff, joueurs et supporters le savent.
⭐️⭐️⭐️⭐️ La rivalité est très forte, les rencontres sont chaudes et l’atmosphère autour de ces matchs est tendue. On rentre dans le top 10 des derbys français.
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ La rivalité est exacerbée, elle est devenue sportivement primordiale pour les deux clubs. Elle l’est d’autant plus pour les supporters, ce qui donne souvent lieu à des affrontements.

 

Nice-Bastia, trois dates clés pour illustrer la rivalité

 

Années 70 : Les étudiants à la genèse de la rivalité

 Dans les années 1970, il n’y avait pas d’universités en Corse. Pour étudier, il fallait aller sur « le continent ». « 90% des futurs universitaires déménageaient à Nice pour leur licence, se souvient Anthony Luciani, ex ultra Bastiais et désormais président du Socios Etoile Club Bastiais. Les plus chanceux montaient à Marseille ou à Paris. » Cette vague migratoire a eu son effet sur le derby de la Méditerranée. Implantés en terre niçoise, de nombreux supporters Corses investissaient les tribunes du stade du Ray lors des rencontres entre Nice et Bastia. Les premiers affrontements ont éclaté entre supporteurs des deux clans, et la rivalité s’est installé. Au-delà du terrain et des tribunes, une dimension sociologique et politique s’est développée au sein du conflit. Interviewé par So Foot, Biba, capo du groupe ultra Niçois Brigade Sud Nice 85, précise : « Il y a une rivalité au niveau de la mentalité, on se ressemble et il y a des similitudes. On est identitaires, on défend nos terres, notre culture. » Ces antagonismes donneront lieu à des débordements réguliers entre supporters des deux clubs, notamment en 1992 et 2004. Des évènements qui placent Nice/Bastia parmi les derbys français les plus chauds.

Avril 92 : Le raz de marée corse au stade du Ray

4 avril 1992, 8ème de finale de la Coupe de France. L’OGC Nice accueille le SC Bastia au stade du Ray. Qui dit match à élimination direct dit match à enjeu, surtout quand c’est un derby de la Méditerranée. Alors, 5 000 Corses font le déplacement, et investissent l’intégralité des tribunes latérales du Ray. Des centaines de drapeaux à l’effigie de l’Ile de Beauté viennent orner les gradins. Dès l’échauffement, la tension monte entre Niçois et Bastiais. Jets de pétards, de fumigènes, de bombes agricoles sur la pelouse viennent interrompre l’échauffement et forcer les CRS à intervenir. Un joueur niçois est même touché par un projectile, et soigné avant le coup d’envoi. Les supporters Corses auront la main mise sur l’ambiance du match, et tenteront d’influer sur chaque décision arbitrale, en mettant une pression constante. Un penalty, transformé, est d’ailleurs accordé aux Bastiais dès la 4ème minute. Le score ne changera plus. Au coup de sifflet final, les supporters visiteurs envahissent la pelouse et saccagent la tribune latérale. Des milliers d’euros de dégâts sont à déplorer. Si les Corses présents ce jour-là en gardent un grand souvenir, les plus fervents niçois voient d’un autre oeil cet affront. Toujours dans So Foot, Biba qualifie cet évènement de « tournant » dans la rivalité.

 2004 : Le guet-apens

 « Unique » est un terme qu’on attribue à chaque derby pour insister sur son authenticité. Si celui de la Méditerranée l’est, c’est pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles la différencie singulièrement des autres : les supporteurs peuvent se déplacer chez l’ennemi en bateau. C’est ce qu’ont fait des centaines de Niçois le 3 avril 2004. « Je les vois encore arriver en faisant les fanfarons » se rappelle Anthony Luciani, ex membre du groupe ultra bastiais Testa Mora 92. En effet, des centaines de corses attendaient le convoi niçois, depuis la place Saint-Nicolas, à quelques mètres du port. « C’était une véritable opération commando, raconte l’ex ultra corse. On savait que les Niçois allaient être escortés du port jusqu’au stade. On connaissait l’itinéraire, alors on leur a tendu un petit piège… » Sur les coups de 19h30, c’est l’heure du guet-apens. Les Corses, présents sur place, bloquent la route au convoi de CRS chargé d’escorter les fans de l’OGCN. Plusieurs individus attaquent ensuite les cars des niçois, à l’arrêt. La police intervient pour empêcher les supporters visiteurs de sortir, évitant de peu une scène de guerre civile. Mais la soirée ne s’arrête pas là. Une fois arrivés dans leur parcage, quelques minutes après le coup d’envoi de la rencontre, les Niçois ne décolèrent pas. Ils jettent ainsi des dizaines de projectiles en tout genre en direction des tribunes investies par les corses. De nouveaux affrontements ont lieu dans les coursives et aux abords du stade, à la mi-temps et après le match. Cet évènement marquant fut l’élément déclencheur de nombreux arrêtés préfectoraux, interdisant à de multiples reprises les supporters des deux clubs de se rendre en terre ennemie.

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