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Carte des derbys : Paris FC – Red Star

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Distance entre les deux stades (Stade Charléty – Stade Bauer) : 18 kilomètres

Intensité de la rivalité* : ⭐️⭐️⭐️

Dernière confrontation : Red-Star/Paris FC : 0-1, le 10 mai 2019 en Ligue 2

Prochaine confrontation : Le Red Star est officiellement en National depuis le 3 mai 2019 tandis que le Paris FC reste en Ligue 2. Les deux clubs seront distancés d’une division à partir de l’an prochain. Hors coupes, il faudra attendre au moins un an pour une rencontre en championnat.

 

Origine de la rivalité : Depuis le début des années 2010, Paris FC-Red Star est le derby parisien le plus important. Mais cette rivalité remonte aux années 1980, quand les deux clubs s’affrontaient aux échelons inférieurs. Aujourd’hui, la rivalité régionale a laissé place à des désaccords politiques. Bauer, le stade du Red Star penche à gauche. Au Paris FC, les ultras se revendiquent d’être très à droite . Pour les deux clubs, l’enjeu est aussi de savoir qui est « le deuxième club parisien » derrière le Paris-Saint Germain.

Événement marquant : La rivalité a pris un tournant dramatique le 5 septembre 2014, lorsque des affrontements ont eu lieu entre les supporters des deux clubs. Intimidations, jets de projectiles et saluts nazis, les provocations émanaient des deux camps aux abords du Stade Charléty. Loin de l’aspect sportif, ces affrontements opposent des hooligans réputés proches des milieux d’extrême gauche pour le Red Star et des groupes d’ultra droite pour le Paris FC, accompagnés d’anciens supporters du Paris Saint-Germain, issus de la tribune Boulogne et interdits de stade. Ces supporters du PSG entretiennent une rivalité historique avec le Red Star, c’est pourquoi les deux clubs se détestent, surtout idéologiquement, et que certains hooligans du Paris FC leur font appel lors de ces affrontements.

*⭐️ La rivalité est pauvre, voire inexistante.
⭐️⭐️ La rivalité est moyenne mais le match est attendu par les supporters et les joueurs.
⭐️⭐️⭐️ La rivalité est importante, le match est crucial dans la saison. Staff, joueurs et supporters le savent.
⭐️⭐️⭐️⭐️ La rivalité est très forte, les rencontres sont chaudes et l’atmosphère autour de ces matchs est tendue. On rentre dans le top 10 des derbys français.
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ La rivalité est exacerbée, elle est devenue sportivement primordiale pour les deux clubs. Elle l’est d’autant plus pour les supporters, ce qui donne souvent lieu à des affrontements.

Paris FC/Red Star : quand 18 kilomètres séparent deux mondes

De Charléty à Bauer, il n’y a qu’un pas. Entre le Paris FC et le Red Star, deux équipes franciliennes, seule la distance pourra les mettre d’accord. Depuis le début des années 1970 et la création du Paris Football Club, les deux clubs se sont affrontés seulement une vingtaine de fois. Suffisamment pour créer une rivalité tout autant sportive qu’idéologique dans un derby qui a parfois basculé dans la violence.

Le 10 mai 2019, Red Star et Paris FC s’affrontaient dans un match où l’enjeu sportif n’avait jamais été aussi important dans leur histoire. Le Paris FC pouvait obtenir son billet pour la Ligue 1 tandis que le club de Saint Ouen (93) jouait son maintien dans l’élite.

Cette rivalité est née dans les années 1980 au moment où les deux clubs s’affrontaient aux échelons inférieurs. Si elle était en premier lieu dû à une proximité régionale, la politique s’en est rapidement mêlée. Augustin, jeune membre des Old Clan, groupe ultra principal du Paris FC, décrit un rôle indéniable des idéologies politiques : “Le Red Star se revendique d’extrême gauche populaire tandis que nous, on est sponsorisé par Vichy, notre stade est à Paris, on est plus vu comme des bobos,” explique t-il. Avant d’ironiser sur la nouvelle collaboration du rival avec Vice, magazine qui va à l’encontre des valeurs du club de Saint Ouen : “Ils nous parlent à longueur de journée d’anti-capitalisme, ça nous a fait bien rire cette nouvelle association.” Côté Red Star, qui joue cette année tous ses matchs à Beauvais (NDLR : leur stade Bauer, à Saint Ouen, n’est pas aux normes pour la Ligue 2), on ne voit pas la rivalité de la même façon. En fait, “on n’aime pas être mis à côté du Paris FC”, gronde Aymeric, habitué du groupe des Red Star Fans : “Nous sommes le club populaire et on se refuse d’être considéré comme un club parisien. Le Red Star, c’est l’équipe du coin, le club de banlieue, celui de la banlieue rouge.”

D’abord pacifique et cantonnée aux tribunes les soirs de matchs, la rivalité a pris un autre tournant en 2014, le 5 septembre, lorsque des affrontements ont eu lieu entre les supporters des deux clubs. Certains scandaient “PFC Hooligans” tandis que d’autres effectuaient des saluts nazis. Loin de l’aspect sportif, ces affrontements opposent des hooligans réputés proches des milieux d’extrême gauche pour le Red Star et des groupes d’ultra droite pour le Paris FC, accompagnés d’anciens supporters du Paris Saint-Germain, issus de la tribune Boulogne et interdits de stade. Ces supporters du PSG entretiennent une rivalité historique avec le Red Star, c’est pourquoi les deux clubs se détestent, surtout idéologiquement, et que les hooligans du Paris FC leur font appel lors de ces affrontements. Aujourd’hui, ces derniers se sont calmés mais la vigilance est toujours de mise les soirs de matchs. Djibril, 33 ans et stadier à Charléty, raconte qu’il officie à ce genre de rencontres avec la boule au ventre: “Même si les gros affrontements se sont dissipés, la mobilisation est toujours plus importante du côté de la sécurité. Rien n’est laissé au hasard et les briefings d’avant match sont toujours musclés. Au match aller, tout a été sous contrôle mais quelques supporters auraient pu en venir aux mains sans notre vigilance”.

Sur le terrain, les joueurs ressentent cette pression et n’ont pas intérêt à se louper. Une tension qui a également déteint sur les entraîneurs et les dirigeants des deux clubs. Christophe Taine, ancien coach du PFC, évoquait le club rival en 2015 : “Moi je me fiche du Red Star, je ne parle pas d’eux, ni en bien, ni en mal. C’est ma devise et je m’y tiens.”

Loin du Paris-Saint-Germain qui occupe toute la place médiatique, ce derby pose la question de la légitimité dans la région et la revendication d’être “le deuxième club de Paris”. Le Paris FC a une petite longueur d’avance de ce point de vue là. Il suffit de regarder le logo du club, on y voit une Tour Eiffel, comme le PSG. Mais côté Red Star, cette notion importe peu. Dans leur volonté “anti-capitale” prônée depuis longtemps, ne pas être le deuxième club de Paris ne leur pose aucun problème.

Les deux clubs franciliens étaient opposés le 10 mai dernier dans un derby qui pourrait être le dernier avant cinq ans, voire dix ans. Une rivalité sportive qui s’éloignera mais des idées qui auront vocation à perdurer. Quand on est éloigné de seulement 18 kilomètres, difficile de ne pas entendre son voisin…

 

 

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