Basket

Tony Parker, pour l’éternité.

Le 10 juin 2019, un simple tweet aura suffit au néo-retraité, Tony Parker, de mettre fin à sa carrière NBA longue de 18 saisons. Dans la foulée, la formation des Spurs de San Antonio annonce le retrait de son maillot pour le 11 Novembre 2019. Une première pour un joueur Français.

Lundi 11 novembre 2019, Tony Parker, aka TP9, a quitté l’AT&T center, la salle des San Antonio Spurs, avec le sourire aux lèvres et ce malgré la défaite de son ancienne équipe. La raison ? Son numéro 9 a été retiré. Son porte bonheur ne pourra plus jamais être porté par un joueur de San Antonio. Une date qui marquera les mémoires du basket français et mondial puisque c’est le premier français à recevoir cet honneur ultime outre-Atlantique et, nous l’espérons, pas le dernier (cc Rudy Gobert voire pourquoi pas Evan Fournier). D’ailleurs, si vous avez loupé ça sur les coups de 3h du matin, on vous comprend, voici le replay :

Drafté le 27 Juin 2001 par les Spurs, le rêve ne fait que commencer pour le joueur français évoluant au PSG Racing. Puis les choses n’ont fait que s’accélérer pour le plus grand bonheur des français et de la ligue américaine. 

5, voilà le nombre de matchs qu’il lui aura fallu pour qu’il s’impose dans le 5 majeur de l’équipe, devenant ainsi le plus jeune meneur de jeu titulaire de l’histoire de la NBA (le 6 novembre 2001 contre le Magic d’Orlando, à l’âge de 19 ans et 173 jours), rien que ça. Champion NBA dès sa deuxième saison auprès de ses légendaires coéquipiers Tim Duncan et Manu Ginobili, il enchaîne, avec deux autres titres en 2003 et 2007, où il est même élu MVP des finales (24,5 points de moyenne). Une première pour un européen.

Personne ne s’attendait à voir un joueur non-américain devenir si fort, si vite, et s’imposer en NBA après seulement 6 saisons. Il faut ajouter à ce laps de temps très court une double sélection pour le match des étoiles, le All-Star Game en 2006 et 2007. Une sélection qui assoit la notoriété de notre TP national, et qui confirme que les Spurs, via son « big three », se placent sur l’échiquier des grandes équipes de basket US des années 2000.

Tony Parker mène l’équipe West au All Star Game (crédit photo : Bakset USA)

Durant ces périodes, TP poursuit son envie d’écrire sa légende en jouant tous les étés pour la sélection française. Titre de champion d’Europe Junior en 2000, première sélection avec l’équipe A la même année, 4ème place à l’Euro 2003 et enfin, une médaille de bronze remportée à l’Euro 2005. Cette première médaille continentale chez les pros, pour Parker, permet à la France de se qualifier pour la Coupe du Monde 2006 auquel le « frenchie » ne pourra pas participer à cause d’une blessure au doigt.

Le mauvais parcours lors de l’Euro 2007, avec une huitième place, empêche encore une fois le français de pouvoir réaliser une campagne olympique après l’échec d’une qualification déjà, à l’époque, pour les JO 2004.

Entre 2008 et 2013 les saisons se suivent et se ressemblent en NBA pour Tony : un bilan en saison régulière de minimum 50 victoires, des play-offs puis l’été avec l’EDF. Une légère disette collective se fait ressentir mais le « prime » du joueur est là. Les rênes de l’équipe lui sont confiées et il agit en conséquence. 55 points, record en carrière, contre les Minnesota Timberwolves en 2008, une nouvelle sélection au All-Star Game en 2009, des statistiques faramineuses en terme de points. 37 face à Dallas, 39 le lendemain face à Portland, un match contre Atlanta à 42 pts et 10 passes le mois suivant. Il franchit même la barre symbolique des 10 000 points inscrits en saison régulière après 603 matchs. En 2012, il devient le meilleur passeur de la franchise et finit cinquième au niveau des votes de MVP en saison régulière. On continue ou cela vous suffit pour vous prouver à quel point TP a marqué l’histoire ?

Au niveau de l’EDF, Tony est sur des bases quasi-similaire avec des performances individuelles ahurissantes pour essayer de maintenir l’équipe le plus haut possible. Durant les qualifications pour l’Euro 2009, par exemple, TP est à 28,3 pts de moyenne avec une perf à 37 pts face à la Turquie. Qualification acquise mais l’Euro est un nouvel échec pour Tony et les siens qui sont éliminés par l’ogre espagnol, champion du monde en titre et futur vainqueur de la compétition, en Quart de Final.  Plus tard, les matchs de classement permettent à la France de se qualifier directement pour les championnats du monde 2010 et pour l’Euro 2011. Parker annonce à l’issue des play-offs NBA 2010 qu’il ne participera pas au championnat du monde, mais qu’il compte être présent en 2011 et 2012.

A l’Euro 2011, la France finira avec la médaille d’argent, encore battue par les espagnols du grand Pau Gasol. Le français sera le meilleur marqueur de la compétition avec 22,1 pts. Viennent ensuite les JO de 2012. Le parcours des bleus est une nouvelle fois compliqué car encore une fois ils sont éliminés par les Espagnols (encore eux) en Quart de Finale de la compétition. L’année suivante, la franchise texane des Spurs connaît une défaite cruelle en finale NBA contre les Heats de Miami sur un tir clutch et assassin de Ray Allen au Game 6. Mais cela n’empêchera pas TP d’être toujours présent pour le maillot bleu et l’histoire lui donnera raison. La France est enfin championne d’Europe après avoir battu, au passage, son ennemi du moment, l’Espagne, en Demie avec un discours légendaire à la mi-temps de notre TP national qui forgera l’admiration de tous. Un ouf de soulagement pour Parker qui ramènera le premier titre continental à son pays après tant d’années de sacrifices.

La France célèbre son titre de championne d’Europe (AP Photo/Thanassis Stavrakis)

2014 marque à nouveau le retour en finale NBA pour San Antonio qui se soldera par un titre. Le 4ème et dernier titre pour le français, en 13 saisons. Les années d’après, on retrouvera des Spurs moins fringants mais toujours qualifier en play-offs en alternant Premier Tour et Finale de Conférence. Parker et ses coéquipiers fatiguent et cela se ressent pour TP avec l’EDF. L’Euro 2015 à domicile sera vu comme un « échec » à cause de leur défaite contre l’Espagne (toujours eux) en demie-finale. Mais les Bleus partiront tout de même avec la médaille de bronze autour du cou. 

Les JO, en 2016, sont horribles car TP9 passe totalement aux travers de la compétition. La France se retrouve éliminée en quart, une énième fois, par l’ennemi intemporel : l’Espagne.

Lors de la free-agency 2018, TP s’offre une dernière pige en allant signer un contrat chez les Charlotte Hornets, franchise de Michael Jordan. Dernier tour d’honneur puisqu’à la suite de la saison 2018-2019, il annonce sa retraite. La légende sait ce qui l’attend dans le futur : la présidence du club de l’ASVEL (masculin) qu’il a racheté en 2014, celle du club féminin racheté en 2017, la direction de sa nouvelle école fondée en 2019 : la Tony Parker Adequat Academy, son maillot retiré du côté de San Antonio et enfin, le Hall of Fame.

Certains diront que l’article était trop long mais il représente bien la carrière du meilleur basketteur français de l’histoire. De sa naissance à Bruges en 1982 à aujourd’hui, il nous a montré chaque jour sa soif de titres, sa hargne, son leadership et ses sacrifices pour ramener le premier titre continental à son pays de cœur. Le maillot au plafond n’est que la première étape. La seconde sera encore plus belle : le Hall of Fame. Pour saluer sa carrière nous ne pouvons qu’ajouter ceci : Merci Tony.

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