Tennis

Wawrinka ou Murray : qui est le Goat après les GOATS ?

Au terme de chaque finale du Grand Chelem, le débat du G.O.A.T est systématiquement remis sur la table. Federer ? Nadal ? Djokovic ? Chaque membre du Big 3 a des arguments à faire valoir. Mais qui est au pied de ce podium ? Qui est le meilleur 4e joueur de cette génération impressionnante ? Qui est juste derrière ce Big Three ? La Prolong’ s’est posée la question. Stan Wawrinka ou Andy Murray ? Samuel Marro et Lucas Morlier, deux de ses rédacteurs, ont essayé de trancher.

Samuel Marro : Stan Wawrinka est le 4e meilleur joueur derrière le Big Three

L’instinct d’un prédateur prêt à terrasser son adversaire, le flair d’un champion, la puissance d’un monstre… Stan Wawrinka est une bête hors du commun. Il est souvent difficile de le ranger dans la hiérarchie du tennis moderne : seulement quatre ans passés dans le top 10 mondial, triple vainqueur de Grand Chelem, jamais considéré comme un membre du Big Four. Le principal intéressé a lui-même a confié à L’Équipe, à la fin de l’année 2016 “qu’il ne savait toujours pas où se situer dans l’histoire du tennis”. Nous sommes le 7 avril 2020 et après de nombreuses saisons sur le circuit, je peux vous l’affirmer, Stanislas Wawrinka est très exactement situé au pied du Big Three.

Si le natif de Lausanne lorgne cette place, c’est au détriment d’Andy Murray. Leurs palmarès en Grand Chelem se valent, les chiffres en confrontation directs sont quasi identiques (7-7 dans les affrontements en Grand Chelem, Masters 1000 et JO + Masters). Andy Murray a connu une carrière plus régulière cependant mais Stan the Man mérite sa place pour ses performances de champion dans les grands rendez-vous. 

Wawrinka est connu du grand public pour ses matchs spectaculaires. Le match contre Tsitsipas l’an passé était sans doute le plus beau de la saison, celui contre Djokovic en huitièmes de finale de l’Open d’Australie en 2013 figure parmi les plus beaux matchs de la décennie. Le plus impressionnant chez le Suisse, c’est le niveau de jeu proche de la perfection qu’il a su proposer dans certains matchs. Sa performance époustouflante en finale à Roland Garros en 2015 n’a fait que confirmer ce choix de le placer juste derrière les trois phénomènes.

« Stan est un des rares joueurs qui a pu surclasser Novak (Djokovic) sur des passages entiers, alors que personne ne fait cela ! » avait déclaré Gilles Simon après sa défaite contre le Suisse en huitièmes de finale de cette même édition. Comparer le niveau d’un joueur à celui de Novak Djokovic en 2015, qui, cette même année, avait remporté 3 majeurs, cela prouve le niveau atteint par Stan Wawrinka !  

Pourtant, le 7 juin 2015, après un premier set perdu face à son acolyte Serbe, Stan est en état de grâce et nous offre un récital. Puissance, précision dans le geste, variation du jeu, coups gagnants, décisif sur les points importants, un service solide…. tout ce qu’entreprend le Suisse ce jour-là se transforme en or. Difficile pour lui de se forger une réputation parmi les plus grands quand on passe toujours derrière un certain Roger, mais il va falloir s’y faire, Stanislas Wawrinka est le dernier membre du “vrai Big Four”.

Lucas Morlier : Andy Murray est le 4e meilleur joueur derrière le Big Three

Freiné dans sa carrière depuis 2017 à cause de ses problèmes à la hanche, Andy Murray n’en reste pas moins un des meilleurs joueurs de sa génération. Il est, sans aucun doute, le 4e meilleur joueur derrière le Big Three. S’il possède le même nombre de titres du Grand Chelem (3) que son acolyte Suisse, Andy Murray a échoué sur la dernière marche à de nombreuses reprises. L’Écossais a joué 11 finales de Grand Chelem contre 4 « seulement » pour l’Helvète. Même constat pour les Masters 1000, où la différence est saisissante : Andy Murray en a remporté 14, lui manquant seulement Indian Wells et Monte-Carlo. Stan Wawrinka n’en a remporté… qu’un seul, c’était à Monte-Carlo en 2014. Il n’y a, à vrai dire, pas photo entre les deux joueurs. Sur la régularité au top niveau, Andy Murray est largement devant le Suisse, qui a pu laisser une impression de destruction dans les Majeurs qu’il a remportés. Dans sa carrière, l’Écossais s’est adjugé 46 titres, le natif de Lausanne en a 30 de moins.

Avant ses blessures, le Britannique a longtemps été intégré à un « Big Four » par tous les suiveurs du tennis, preuve qu’il a tutoyé, pendant presque dix ans, le niveau des trois monstres. Il est d’ailleurs, l’un des seuls, à leur avoir ravi la place de numéro 1 mondial pendant leur hégémonie. Le 7 novembre 2016, après avoir réalisé une saison proche de la perfection, remportant Wimbledon, les JO et le Masters de Londres, il s’adjuge la plus haute place du classement ATP. Il la gardera pendant 41 semaines, soit presque un an sur le circuit. Stan Wawrinka, de son côté, n’ira jamais plus loin que le 3e rang mondial.

Probablement pas le meilleur techniquement, le mental d’Andy Murray aura fait des siennes tout au long de sa carrière. Quand il aura été dépassé et presque dos au mur dans un match, il aura très souvent su inverser la tendance. Un certain Richard Gasquet pourrait en témoigner des heures. Critiqué pour son attitude sur le terrain, il n’aura sûrement jamais impressionné par sa variété de coups, comme Wawrinka. Mais son jeu de contreur, son excellent service et son slice ravageur le placent assurément derrière le Big Three. Stan Wawrinka aura du mal à prouver le contraire.

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